Cancer de la prostate: des traitements de plus en plus performants

Quatre traitements pour les cancers qui ne sont pas avancés qui n’ont pas encore de recommandation standardisée, mais peuvent être pratiqués dans certains hôpitaux et cliniques, notamment ceux qui font de la recherche. 

1 Ultrasons: détruire la tumeur par la chaleur

– La technique:
Les ultrasons focalisés de haute intensité (Hifu en anglais) sont délivrés par une sonde endorectale lors d’une séance en ambulatoire. Ces ondes inoffensives agissent comme des rayons du soleil passés à travers une loupe pour concentrer leur chaleur sur un point. Le robot apporte une précision au millimètre près. 

– Les avantages:
– C’est la technique la plus confirmée.
– 
Une étude menée en octobre 2016 auprès de 111 malades sous l’égide de l’Association française d’urologie observe l’absence d’incontinence urinaire chez 97% des patients, 78% voient leur fonction érectile préservée.
– Le traitement peut être répété ou utilisé en cas de rechute après une radiothérapie.

Les limites:
La méthode est réservée aux petites tumeurs très localisées. 

2 Cryothérapie: congeler le cancer

– La technique:
Développée à l’hôpital Saint-Louis, à Paris, cette méthode très peu invasive utilise le froid extrême pour détruire des cancers de la prostate et du rein. Sous guidage scanner ou IRM, trois aiguilles spéciales sont mises en place dans la tumeur. Puis de l’argon, un gaz rare, y circule qui abaisse la température jusqu’à -40°C. à la fin de la séance de 90minutes en moyenne, la tumeur est détruite et laissée en place. 

– Les avantages:
– La procédure est utilisable en cas de contre-indication à l’anesthésie.
– Le taux de récidive est faible – environ 5% -, l’intervention est renouvelable.

– Les limites:
Peu de centres la pratiquent. Cette solution est plutôt réservée aux patients inopérables. 

3 Photothérapie: neutraliser par laser

– La technique:
– Sous contrôle IRM et échographique, sept à quinze aiguilles sont placées dans la tumeur (selon sa taille). Un produit (dérivé de la chlorophylle d’une algue) rendant les cellules sensibles à la lumière est injecté au patient. Le Pr Azzouzi, chef de service d’urologie au CHU d’Angers, initiateur de la technique en France, précise: « Les aiguilles reliées à des fibres optiques transmettent alors une énergie lumineuse qui entraîne l’occlusion immédiate des vaisseaux nourrissant la tumeur. »

– Les avantages:
– C’est la méthode la moins agressive.
– Une étude publiée dans la revue britannique The Lancet Oncology a comparé 412 patients, la moitié ainsi traitée, l’autre sous surveillance active. Résultat: le laser divise par cinq le recours aux traitements radicaux. Seuls 6% des malades du groupe photothérapie ont dû ensuite être opérés.

– Les limites:
– Il faut rester douze heures dans l’obscurité et porter des lunettes spéciales le lendemain.
– Cette méthode récente pratiquée au Mexique et en Israël est sur le point d’obtenir le feu vert des autorités européennes.

4 Curithérapie focale: attaquer par des rayons ciblés 

– La technique:
– Il s’agit d’insérer des grains d’iode 125 radioactifs dans la prostate au lieu de la bombarder de rayons depuis l’extérieur. Le recours à l’imagerie permet de visualiser précisément la tumeur et de déposer moitié moins de grains radioactifs qu’autrefois. 

– Les avantages:
– La méthode est répandue et bien rodée.

– Les limites:
– Les grains émettent de la radioactivité pendant six à douze mois, justifiant d’éviter les contacts rapprochés avec les femmes enceintes et de ne pas prendre ses petits- enfants sur les genoux plus de cinq minutes par semaine. 
– La technique ne peut être pratiquée qu’une fois.
– Elle entraîne parfois des troubles urinaires, même des mois plus tard.

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Cancer de la prostate : nouveau traitement et survie grandement améliorée

Certains essais cliniques servent à évaluer si un nouveau médicament est sûr et efficace, alors que pour d’autres, le but est de vérifier si un médicament existant, conçu pour une raison bien précise, peut avoir des utilisations élargies.

Le récent essai clinique STAMPEDE portait sur l’abiratérone (Zytiga), un médicament utilisé au départ comme traitement du cancer avancé de la prostate. Il visait à déterminer si l’abiratérone pouvait être bénéfique à un stade plus précoce de la maladie. Les résultats, publiés dans le New England Journal of Medicine en juin, ont montré que l’abiratérone jumelée à un type standard d’hormonothérapie plus tôt dans le traitement améliorait considérablement la survie des patients.

Comment l’hormonothérapie agit-elle pour le cancer de la prostate?

Pour se développer et se propager, les cellules cancéreuses de la prostate ont besoin d’hormones mâles appelées androgènes (comme la testostérone). Le traitement antiandrogénique, ou traitement par privation ou suppression d’androgènes, est une forme standard d’hormonothérapie du cancer de la prostate. Sous l’effet d’un tel traitement, les androgènes n’ont plus leur action habituelle et ne peuvent plus aider les cellules cancéreuses de la prostate à proliférer.

Une autre approche d’hormonothérapie consiste à empêcher le corps de fabriquer les androgènes nécessaires à la croissance des cellules cancéreuses de la prostate. L’abiratérone est un médicament qui bloque la voie biologique de fabrication des androgènes, et rend ainsi le corps incapable de produire ces hormones.

À l’heure actuelle, l’abiratérone est employée lorsqu’un cancer de la prostate a atteint un stade avancé et est devenu résistant au traitement antiandrogénique. Or, les résultats de l’essai STAMPEDE indiquent qu’elle pourrait aider encore plus d’hommes si elle était administrée plus tôt, au début de l’hormonothérapie.

Les résultats de l’essai font état d’une amélioration spectaculaire de la survie

STAMPEDE est l’un des plus vastes essais cliniques jamais réalisés sur le cancer de la prostate, et plus de 1900 hommes y ont pris part. Environ la moitié des participants ont reçu des antiandrogéniques combinés à l’abiratérone et les autres, des antiandrogéniques seulement. La durée du traitement était de deux ans, sauf si le cancer évoluait et qu’un traitement plus agressif devait être prescrit.

Les chercheurs ont constaté que le traitement d’association a prolongé de 71 pour cent le temps écoulé avant l’évolution du cancer et a augmenté de 37 pour cent la survie globale. Les deux chiffres sont des améliorations substantielles par rapport au traitement antiandrogénique seul.

Il est rare qu’un essai donne des résultats aussi spectaculaires. Le chercheur principal de l’essai, le professeur Nicholas James de l’Université de Birmingham au Royaume-Uni, a dit dans un communiqué de presse : « Ce sont les résultats les plus convaincants que j’aie vus pour un essai sur le cancer de la prostate. C’est un sentiment qui arrive une fois dans une carrière. »

Le succès de l’essai pourrait changer la norme de soins pour le cancer de la prostate

Les résultats de l’essai sont si importants qu’ils pourraient changer la façon de traiter le cancer de la prostate partout dans le monde. Le traitement d’association pourrait devenir sous peu la nouvelle norme de soins et serait peut-être encore plus efficace en étant jumelé à d’autres traitements.

Comme l’abiratérone est déjà un médicament approuvé pour le cancer de la prostate, les résultats de l’essai pourraient potentiellement être mis en œuvre dans un délai relativement court.

S’il est encourageant de voir l’arrivée d’un nouveau médicament contre le cancer, il est aussi emballant de voir les chercheurs découvrir de nouvelles façons d’utiliser des médicaments existants. Les médicaments peuvent alors profiter à plus de personnes et avoir un impact plus grand que celui prévu initialement.

Eileen Hoftyzer, B. Sc., et Carolyn Goard, Ph. D.

 

Moto, fractures et métastases…

Lorsque le docteur Saad me voit arriver à son bureau avec mon casque intégral de moto pour la première fois, il me dit «je ne tiens pas en vie pour que t’ailles te tuer…». Pas besoin d’en dire plus pour vous faire comprendre que mon spécialiste n’approuve pas de ma Warrior. Mais pourquoi donc…

Mon cancer, malgré le fait qu’il n’ait pas ou peu progressé dans les dernières six années, est encore et toujours classé agressif. Il est probablement dans une phase dormante grâce aux bon soins du doc Saad et de son équipe. La dernière chose que nous voudrions, c’est de le réveiller. Évidemment, son éveil dépend de plusieurs facteurs… mais un plus que tous autres pourrait déclencher sa colère et son expansion à la vitesse Grand V…

Un os brisé… une simple fracture du poignet par exemple… le genre de fracture causé par… hummm un accident de moto…

Techniquement mon docteur n’a rien contre ma moto, il veut simplement s’assurer que je ne fasse rien qui pourrait me fracturer la vie. Il va plus loin, il n’autorise pas non-plus les micros fractures. Donc, il me conseille de ne plus faire de ;

Saut en parachute, d’escalade en montagnes, de saut en bungee, de parkour, de jogging, de course à pieds sur tapis roulant (elliptique seulement SVP), d’art martiaux, de boxe, de travailler dans un environnement propice aux accidents, de vélo, de moto… en fait il me conseille de ne plus rien faire qui pourrait causer une chute, un impact ou un choc, conséquemment qui pourrait causer une fracture ou micro fracture. La liste de mes restrictions est en fait beaucoup plus longue et certaines des restrictions n’ont aucun impact (jeux de mot) sur ma vie… par exemple je n’ai jamais fait d’art martiaux (sauf pour le Taïchi) et je n’ai aucune intention de m’y mettre.

Mais, il est indéniable que je pourrais me blesser en glissant dans les escaliers en hiver ou glisser sur le trottoir mouillé et faire une mauvaise chute, ou bien me faire frapper en traversant la rue, ou encore dans un accident de voiture en me rendant au travail, ou même en pilant sur mon lacet de bottine… Les façons pour une personne de se fracturé un os sont présentes dans la vie de tous les jours.

Je ne cherche pas le danger en général. Je n’ai pas de death wish non plus. Je dirais même que je suis 98% des conseils restrictifs de mon docteur… Pour cause… je veux vivre le plus longtemps possible… Mais le petit mot clef de l’histoire vient d’être dit… Je veux vivre… Je l’ai déjà dit et redit ; simplement exister n’est pas une option pour moi. Je ne passerai pas le restant de mes jours dans une bulle protectrice ; dans un petit cocon douillet enrobé de papier bulles pour protéger mes tibias.

Faire de la moto pour moi représente tous les clichés que vous avez déjà entendu sur l’impression de liberté que le motard ressent… Mais plus encore… Lorsque que je suis assis sur ma monture, je ne pense plus à mon cancer, j’oublie mes dettes, les tracas journaliers s’évaporent, mon travail que j’apporte mentalement à la maison n’existe plus… C’est seulement moi, ma Warrior et mon environnement immédiat… il n’y a plus de hier, de demain, de peut-être, de j’aurais dû, de doute… Il n’y a que moi vivant dans mon instant présent. Plus rien n’existe que la route devant moi et les paysage qu’elle m’apporte.

Je comprends que ce soit très égoïste de ma part et j’accepte les risques associer à ma moto. Je sais qu’elle pourrait écourter ma vie d’une façon ou d’une autre. Je sais que malgré les rayons X qui n’ont pas vues de fractures, je pourrais avoir subi de micro fractures qui deviendraient autant de petits incubateurs à métastases… ou pas.

Je fais de la moto parce que j’en ai besoin pour me sentir vivant et j’en accepte les conséquences, et ce, même si c’est une vie écourtée…

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Hormonothérapie et prise de poids

media_xll_5910269L’un des effets secondaires de l’hormonothérapie peut être la perte de la masse musculaire et le gain de poids. Dans mon cas, la perte de la masse musculaire est négligeable si je me compare à la période précédant mon cancer. Sans être un sportif, je suis un homme actif dans mon travail comme dans la vie de tous les jours et il m’arrive aussi de prendre des abonnements au gym pour des périodes de six à douze mois. Par contre, la prise de poids a été au rendez-vous. Mais, j’ai été chanceux, je n’ai pris qu’environ 15 kilos en trop dans les dernières six années et depuis six mois, je suis en train de les reperdre. En fait, je suis presque revenu à mon poids pré-cancer.

Pourquoi ?

L’hormonothérapie prive le cancer de la testostérone, qui est sa nourriture principale. Mais, la baisse dramatique de la testostérone provoque un ralentissement du métabolisme. Vous perdez alors la faculté de perdre de la masse grasse. Et, généralement, malheureusement, la matière grasse que l’on garde finit presque toujours sur le tour de taille… dans le bide… la bedaine… les poignées d’amour. J’en sais quelque chose.

Quoi faire ?

Consultez votre médecin. Je n’ai pas les qualifications requises pour vous donner la marche à suivre miracle. Ne tentez surtout pas tel ou tel régime drastique parce que selon vos traitements, votre médicamentation, que vous ayez reçu ou non de la radiothérapie ou même de la chimiothérapie, votre corps ne réagira pas de la même façon que votre voisin. Tel régime ou tel produit sensé vous aider à perdre du poids pourrait mettre votre santé en danger, et surtout altérer les résultats de vos traitements.

Consultez votre médecin qui vous référera certainement à un(e) nutritionniste qui fait partie de son équipe d’oncologie et aura accès à votre dossier médical. Chaque patient aura ses propres restrictions et ses propres consignes nutritionnels. À titre d’exemple, je ne peux manger trop «santé». Si j’adoptais un régime plus végétarien, mon système digestif ne pourrait le supporter. Si je mange plus de deux salade-repas par semaine, je vais (s’cusez l’expression) chier du sang pendant deux ou trois jours. Dans mon cas spécifique, j’ai reçu dès les premiers mois suivant la découverte de mon cancer, 40 traitement de haute intensité de radiothérapie qui ont brûlé et amincie mes parois intestinales. Donc tout ce que je mange de «santé» tend à les irriter un max.

Vous aurez certainement remarqué que plus haut, j’ai mentionné que j’ai reperdu (presque) mes 15 kilos en trop, mais vous attendez toujours de savoir comment j’ai fait… Eh bien… Consultez votre médecin. Je ne vous donnerai pas ma méthode parce qu’elle me va à moi et peut être pas à vous. Je ne vous la donnerai pas parce que je ne veux l’on fasse comme moi et plus tard qu’on me dise «c’est ta faute si…».

J’ai choisi d’écrire sur le sujet parce que la prise de poids est une réalité de l’hormonothérapie et que le contrôle voire même la perte de poids est une possibilité qui existe… consultez votre médecin.

Quand les cellules dormantes se réveillent

Texte repris intégralement de la page de Procure.ca

Les cellules cancéreuses peuvent disparaître mystérieusement pendant des années, et les scientifiques commencent à comprendre pourquoi

De nouvelles preuves suggèrent que le cancer utilise alternativement « l’accélérateur » et le « frein » pour survivre. Si vous tracez la croissance de la tumeur du cancer de la prostate au cours des années, vous obtenez un graphique qui ressemble à ceci:

Figure 1. Exemple de progression d’un cancer de la prostate

Le graphique montre que les cellules cancéreuses de la prostate alternent des périodes de croissance rapide avec des périodes de dormance. Dans l’exemple ci-dessus, la tumeur va croître au point où elle commence à produire un taux d’APS élevé avec ou sans symptômes. Une fois le cancer de la prostate confirmé, un traitement est généralement de mise.

La chirurgie ou la radiothérapie sont souvent efficaces mais, pour certains hommes, leur cancer reviendra. À ce stade, il est souvent traité avec une hormonothérapie ou une combinaison de traitement. Mais même ces traitements n’épellent pas toujours la fin du cancer. Pour certains patients, le cancer réapparaîtra après une période de dormance.

Pendant les périodes de dormance, qui peuvent durer plusieurs années, le patient n’aura souvent aucun symptôme et la tumeur sera indétectable en utilisant les outils de diagnostic habituels.

Jusqu’à récemment, nous savions très peu de choses sur ces périodes. Cependant, les recherches menées par des scientifiques suggèrent que la dormance du cancer est un moment crucial pour la progression de la tumeur.

Les dangers de la dormance du cancer

Pour comprendre pourquoi la dormance est utile aux cellules cancéreuses, nous devons examiner les facteurs qui peuvent arrêter la progression tumorale. Les cellules cancéreuses font face à trois principaux défis pour leur survie et leur croissance. D’abord, elles doivent tromper le système immunitaire, qui est capable d’éliminer la plupart des tumeurs. Deuxièmement, elles doivent survivre à des thérapies anticancéreuses et, troisièmement, elles doivent envahir des organes distants et générer des métastases.

La dormance du cancer est essentielle pour relever tous ces défis. Pendant les périodes de dormance, les cellules cancéreuses remodèlent leur constitution génétique et se préparent pour la prochaine étape de la progression. Sans dormance, les cellules cancéreuses ne pourraient pas survivre dans un nouvel environnement ou devenir résistantes aux attaques du système immunitaire. Il est donc important d’apprendre à détecter les cellules cancéreuses dormantes et à les tuer.

En outre, les cellules cancéreuses dormantes sont souvent en mode de métabolisme lent, comme les animaux en hibernation. Ainsi, même certaines techniques de diagnostic sophistiquées, telles que les PET scan (examen d’imagerie en médecine nucléaire), négligent souvent les tumeurs dormantes.

Détection et traitement

Alors, comment pouvons-nous détecter ces cellules endormies dangereuses? Heureusement, de nouvelles études mettent en lumière les caractéristiques des cellules cancéreuses dormantes. Par exemple, des recherches menées en collaboration avec BC Cancer Agency au Canada, a examiné l’ARN produit par les cellules cancéreuses dormantes et proliférantes.

L’ARN est une molécule très importante qui transporte l’information génétique de l’ADN (le plan) aux protéines (les chevaux de trait des cellules).

Il a été démontré que certains petits ARN sont spécifiquement exprimés par des cellules cancéreuses dormantes. Puisque ces ARN peuvent être mesurés dans des échantillons d’urine et de sang, les chercheurs essaient de développer de nouveaux outils diagnostiques pour détecter ces molécules.

Un certain nombre de nouvelles études montrent que les cellules dormantes peuvent avoir des points faibles. Par exemple, des expériences ont montré que certains anti-inflammatoires non stéroïdiens pouvaient empêcher les cellules cancéreuses dormantes qui génèrent des métastases de se «réveiller». Si ces résultats sont confirmés par des essais cliniques, nous serons bientôt en mesure d’offrir aux patients des traitements ciblant spécifiquement les cellules cancéreuses dormantes.

Conférence internationale sur le sujet en juin 2018 à Montréal
Cancer Dormancy and Residual Disease

Les cellules cancéreuses dormantes de même que le maladie résiduelle minime/MRM (signifie qu’il reste encore un peu de cellules cancéreuses après un traitement) seront justement au cœur d’une importante conférence internationale de la American Association for Cancer Research à Montréal, du 19 au 22 juin prochain.

Cette conférence servira de forum pour inspirer de nouvelles stratégies pour traiter les cellules dormantes, de nouveaux outils d’imagerie et de diagnostic pour suivre la MRM et déterminer son état (actif vs dormant vs guéri) et de nouveaux paradigmes pour faire de la prévention des métastases une réalité en clinique.

Références
Première étude publiée en 2015
Tiré de Why cancer cells go to sleep du 27 avril, 2018
Chercheurs Francesco Crea et Prof Yuzhuo Wang, BC Cancer Agency (Canada)

Adapté par PROCURE.

Première ride de la saison…

Ou un accident décortiqué en cinq temps…

Premier temps :

Je me lève samedi passé et la journée est simplement magnifique. Le soleil est au rendez-vous, le thermomètre affiche déjà 18c et annonce un confortable 24c en après-midi. La tentation est trop forte, je saute sur ma Warrior avec l’intention de partir en direction de Québec en longeant le Fleuve puis revenir de l’autre côté du Fleuve en passant par Trois-Rivières, puis un retour vers Drummondville… Une belle ride pépère d’environ cinq heures. Environ une heure plus tard, j’approche de Gentilly. À l’entrée du village, la vitesse permise affiche 50km/hrs. La petite Nissan blanche à environ 20 mètres devant moi roule à 40km/hrs. Je fais bien attention de garder une bonne distance, comme je fais toujours, entre moi et la voiture. Puis, sans prévenir, la petite Nissan freine subitement.

Deuxième temps :

L’adrénaline envahie mon corps et mon cerveau à fond. Tout se joue dans les 2 ou 3 prochaines secondes. Je rétrograde d’une vitesse pour amorcer ma décélération, puis d’une autre. Ma grosse cylindrée rugie comme un lion en rut. La distance diminuante entre ma Warrior et la Nissan devient inconfortable. Je me permets une petite parenthèse ici pour t’expliquer que j’ai jadis suivi une formation de conduite défensive et l’une des premiers choses que l’on nous enseignait était de toujours prioriser l’évitement de l’obstacle plutôt que le freinage agressif, alors donc, j’opères un contrebraquage dans les règles de l’art pour doubler la Nissan par la voie de gauche. Erreur, une voiture arrive en sens inverse. LA beauté de l’adrénaline est qu’elle active le cerveau à la vitesse grand V et l’univers entier tombe au ralenti ce qui me donne le temps d’analyser la situation. D’un regard rapide je m’aperçois que ma vitesse est maintenant de 20 km/hrs, la distance est trop réduite et mes options sont rendues presque inexistantes. Je tente tout de même un deuxième contrebraquage, plus agressif cette fois pour essayer de passer par l’accotement mais ce n’est qu’une vaine tentative. Je comprends que je vais emboutir la voiture, et ce n’est pas une option qui me plait. Enculer la Nissan, même par seulement 20 km/hrs, va certainement démolir les fourches de ma moto sans compter que je vais passer par-dessus mon guidon et terminer ma course dans le haillon de ladite voiture. Perspective peu intéressante. Je décide alors d’accepter la dernière option qui s’offre à moi. Je bloque ma roue arrière puis couche ma moto. Se faisant, je la pousse de toute mes forces pour m’en dégager (la perspective de rester prisonnier sous son poids et de glisser avec elle ne m’intéresse pas vraiment) en me disant qu’à cette vitesse réduite je vais probablement rouler au sol sans trop de heurt…

Troisième temps :

As-tu déjà ressenti une douleur assourdissante… le genre de douleur qui envahie ton cerveau entier au point que tous tes sens te quittent. Pendant quelques secondes, le monde s’est évanoui, mais ce qui m’a vraiment surpris c’est l’ouïe. Il y avait plusieurs personnes autour de moi et je suis certain qu’ils essayaient tous de communiquer avec moi, mais j’étais sourd. Mon cerveau était tellement occupé à essayer de gérer la douleur que je n’entendais personne. Puis, entre deux vague de douleurs je réalise ce qui vient de m’arriver. En sautant de ma moto, j’ai frappé le bitume de plein fouet avec mon genou et mon poignet droit. Je suis au tapis et j’ai besoin d’air. J’enlève mon casque intégral malgré les protestations des gens autour de moi, puis en m’étirant le cou, j’aperçois ma Warrior au sol. Je relâche un hurlement de rage qui le brûle la gorge. Un cri mal interprété par les spectateurs qui semblaient mal à l’aise face à ma douleur, mais la réalité est qu’en ce moment, je voulais tuer le conducteur fautif qui avait endommagé ma Warrior. J’ai chaud. Je veux enlever mes gants et mon veston, mais deux personnes tentent de me tenir au sol. Je roule sur moi-même et en prenant appui sur ma bonne main, je me relève. Mon genou ne supporte pas mon poids et je me retrouve au plancher.

Quatrième temps :

Par le temps que les policiers et les ambulanciers arrivent sur les lieux de l’accident, je m’étais relevé et avec l’aide d’une personne j’avais redressé et sortie du chemin ma Warrior. J’en étais à examiner les dommages lorsque les ambulanciers m’ont demandé de me rallonger au sol. Euh, non… ma moto osti ! Encore une fois, l’observateur peut être bluffé par ma réaction. Je n’ai pas d’attachement émotionnel aux choses, c’est juste que je me concentre sur ma moto parce que je ne veux pas sauter sur le conducteur fautif. Il s’avère que le monsieur a vu la station essence à la dernière minute et a foutu les freins parce qu’il ne voulait pas se rendre à la prochaine intersection pour revenir en sens inverse… non mais quand même, c’est important de l’essence. La foule s’est maintenant dispersée, faute d’intérêt… il n’y avait pas de sang ni de mort. N’empêche que je vais certainement me retrouver sur Youtube parce qu’il y en avait deux qui ont tout filmé avec leur téléphone. Après un petit séjour à l’intérieur de l’ambulance, les deux techniciens concluent que je n’ai pas de commotion cérébrale, ni rien de brisé, ni de choc post traumatique, ni de problème cardiaque (aussi bien tout vérifier tant qu’à y être) et me donne leur approbation et bénédiction pour mon retour à la maison. Ma Warrior s’en tire avec seulement des dommages d’ordres esthétiques et peu, elle aussi reprendre la route.

Cinquième temps : 

Ce n’est qu’à mi-chemin sur mon retour que mon poignet droit se met à enfler au point de ne plus voir mes jointures. La douleur devient intolérable et se projette tout le long de mon bras, jusqu’à mon épaule. J’en ai la tête qui tourne et je commence sérieusement à craindre l’évanouissement. J’arrête sur l’accotement de l’autoroute pour prendre le temps de respirer et de reprendre mes esprits. C’est maintenant un combat mental qui débute. La rage de me rendre chez-moi versus les éclairs de douleurs qui me gèlent encore une fois le cerveau. Je chevauche ma Warrior, puis reprends la route. La douleur c’est temporaire. La douleur c’est dans la tête. Concentre-toi sur la route. Ne pense pas à la douleur. Projette-toi ailleurs. Euhhh non… reste concentré sur la route. Regarde devant. Les kilomètres passent et la maison arrive. Rendu à Drummondville j’ai perdu toute sensibilité à mon bras droit tellement il est engourdi de douleur et là, comme un con, je décide d’aller directement au garage qui est à cinq kilomètres plus loin que mon logement. La moto est dans le stationnement du garage, mais je dois maintenant me taper une marche de cinq kilomètre alors que mon genou me fait souffrir et que la douleur à mon poignet est tellement intense que je risque de m’évanouir. La chance me frappe pour la première fois de la journée… Une de mes employés passe par hasard sur le boulevard avec sa voiture et m’aperçois. Plus tard, à l’hôpital, c’est avec de la morphine qu’on réussit à calmer mes douleurs. Quelques rayons-X confirment que je n’ai rien de cassé, mais que j’ai une foulure sévère au poignet.

J’en ai pour au moins deux semaines à ne pouvoir utiliser mon poignet… et moi qui avait tellement hâte que la saison de moto débute…

Un bien drôle d’organe, le cerveau…

Dans mon dernier billet j’étais en crise de panique… je faisais de l’anticipation… je me projetais dans un futur non désiré…

Je vais faire un petit saut en arrière de cinq ans, si tu me le permets. Le pronostique n’était pas bon… vraiment pas bon. Je passais des examens mensuellement et parfois hebdomadairement. Mon suivi était serré. Autant moi que mon médecin, chaque mois, nous nous attendions que le couperet tombe.

Et comme le chien de Pavlov qui bavait d’anticipation au son de la cloche, mon cerveau bavait d’anticipation à chaque annonce de nouveaux examens ; à la différence que mon cerveau n’anticipait pas de bonne croquettes mais plutôt de mauvaises nouvelles. Plus les mois passaient, plus la panique d’une mort annoncée s’estompait. Il en aurait été de même pour le chien de Pavlov si la croquette aurait arrêté d’être disponible après chaque son de cloque. De bonne nouvelle en bonne nouvelle, mon cerveau a fini par se dire «fuck, je m’inquiètes pour rien moi-là».

Par contre, le côté bizarre et pervers de cette situation était que mon cerveau ne faisait pas de l’anticipation les jours précédant l’annonce des résultats mais bien les jours précédant les examens. Oui, certes, il y avait un petit stress accompagné aux résultats, mais les quelques jours avant les examens, il y avait toujours le « ils vont trouver quelque chose, je le sais ». Puis, à la fin de ma journée intense d’examen, je prenais place dans ma voiture, je m’allumais une cigarette et je braillais un coup… puis c’était terminé. Comme si mon cerveau se disait « bon, les examens sont fait, pour les résultats, je n’y peux rien, je lâche prise ».

Cette petite routine d’anticipation, stress, soulagement dura pendant les premières deux années, puis avec le temps, cette effet Pavlovienne s’est estompé jusqu’à disparaitre complétement.

Pis là… six ans plus tard, out of nowhere, deux jours avant mes examens… PAFFF!!! la crise de panique. Pis une solide à part ça.

J’arrive au CHUM, les yeux bouffis, le doute dans mon cœur et la certitude dans mon cerveau. La première heure passe et je rencontre un acolyte de Saad, les infirmières du centre de recherches, puis je donne de mon sang. Mon cerveau est encore en mode « appréhension ». Vous essayez de me bluffer avec vos résultats d’il y a quatre mois, se dit mon cerveau. Moi, je sais que mon cas s’est aggravé depuis, continu-t-il sans broncher. Mon corps est métastasé et vous, vous êtes insensibles à mes inquiétudes, renchéri-t-il. Ma diarrhée verbale interne était sans limite et une chance qu’elle était interne parce qu’on m’aurait attaché ou médicamenté pour sûr.

En après-midi, je passe ma tomodensitométrie pour mes organes, puis la scintigraphie pour les os. Aussitôt le dernier cliché complété, mon cerveau se calme. Le calme plat. La sérénité totale. Pourtant, je n’ai pas plus de réponse. Je n’aurai pas de résultats avant au moins deux semaines. C’est comme si mon cerveau s’était dit ; bon, les examens sont faits, je n’ai plus le contrôle de la situation (comme s’il avait déjà eu le contrôle), je m’abandonne à mon sort.

Le cerveau est vraiment un drôle d’organe…

4:43hrs

Il est 4:43hrs, je viens d’arriver chez moi et j’en suis à ma deuxième crise de panique en moins de cinq heures. Eh oui, ça, ça veut dire que la première est arrivée au boulot. 4:43hrs, j’ai pas vraiment envie d’appeler personne à cette heure pour en parler, alors je t’en parles à toi, mon psychologue collectif.

Pendant cinq ans, tous les jours, mon cancer était dans mes pensées. Tous les jours, sans exception, et  c’était volontaire. C’était ma façon de dealer avec. Pas dans le genre morbide «Ô, je vais mourir bientôt» ni dramatique comme «Je suis fini, je ne peux qu’attendre la fin»… Nope! C’était plus dans le genre : Ok, j’ai un cancer, je sais qu’un jour mon doc m’annoncera une mauvaise nouvelle et que la bête sera sortie de sa cage, donc aller GO on en profite de la vie un max. Et j’en ai profité!!! Mais après cinq ans, toujours stable, et mon doc qui décide de me voir au quatre mois au lieu de mensuellement, justement parce que tout est au beau fixe… ben la vie est devenue plus routinière… le cancer, moins dans mes pensées… la vie presque normale, quoi.

Le fait de garder mon cancer en tête tous les jours évite aussi la surprise… le choc… la panique… Ça m’apprendra d’avoir baissé ma garde, asti!!!

Bon, dans mon avant dernier billet, je t’ai parlé de mon changement de vie. Changement de vie que je me suis permis justement à cause que tout est au beau fixe. Justement parce que mes résultats d’examens me le permettaient. Je me suis permis de penser que j’étais normal.

Demain, jeudi, je passe la journée au CHUM pour ma batterie d’examen et ce soir, peut-être à cause de la fatigue, peut-être tout bonnement parce que mon cerveau décidé de se venger de ma nonchalance ou peut-être juste parce que je ne peux pas me permettre de ma penser normal… Toujours est-il, qu’au travail, je me suis mis à anticiper de mauvais résultats… Comme à chacun de mes rendez-vous la première année de mon cancer.

Ils vont m’annoncer que j’ai des métastases, je le sais! Ils vont me dire que mes os sont attaqués! Ils vont me dire que mon sablier est brisé et que mon temps est compté!!!

C’est pas logique, je le sais, mais une crise de panique ça ne se contrôle pas, asti! J’ai été obligé de quitter le plancher à deux reprises pour aller pleurer comme un bébé dans les toilettes. Je n’avais tellement plus la tête à mon travail que j’ai eu un accident avec mon chariot élévateur… rien de grave, mais mes capacité à travailler n’étaient plus au rendez-vous. Une gestionnaire pas capable de gérer… ça sert à quoi au juste.

J’ai tout de même terminé mon quart de travail à grand peine, mais dans ma voiture, au retour à la maison, la deuxième crise de panique me prend. Une bonne. Une vraie. Plus capable de respirer. Brailler à n’en plus voir la route. Obligé de m’arrêter à deux reprises pour essayer de reprendre le contrôle de mes émotions… mais une crise de panique, ça ne se contrôle pas. Je t’écris en ce moment avec les mains qui tremblent tellement que c’est plus l’auto correcteur qui t’écrit que moi.

Je sais, je devrais aller me coucher. Une bonne nuit de sommeil et paff la vie est belle, mais comment je fais pour dormir quand je sais qu’ils vont m’annoncer LA mauvaise nouvelle.

Asti, que ça m’apprendra de baisser ma garde!!!

J’ai envie…

Je travaille mentalement sur ce petit texte depuis quelques mois… Une façon de voir les relations homme/femme… Un état d’âme que j’ai décidé de coucher sur papier aujourd’hui… Enjoy…

J’ai envie d’aller au bistro avec toi, que tu me fasses parler de moi, que tu me parles de toi. Que tu me parles de tes grands projets comme de ceux qui n’ont ni queux ni tête. J’ai envie d’être surpris, de me faire dire; prends ta moto, on part… J’ai envie qu’on fasse d’hypothétiques projets sans se demander s’ils se réaliseront.

J’ai envie d’être celui avec qui tu aimes chiller. J’ai envie d’avoir du fun, mais aussi d’avoir peur avec toi. De faire des trucs que je ne ferais pas avec une autre, parce qu’avec toi, je me sentirais en confiance! J’ai envie de t’inviter à souper puis en soirée d’avoir des fous rires à en pleurer. J’ai envie de te prendre spontanément le visage, puis de t’embrasser sans raison. Que tu me fasses parfois un câlin si fort que j’en perde le souffle.

J’ai envie qu’on parle de tout et de rien la soirée durant et même parfois jusqu’au lever du jour. Qu’on se mette à rigoler ou à pleurer sans gène. Qu’on ait de petits fous rires nerveux parce qu’on aura essayé de nouveaux trucs qui n’ont juste pas d’allure. Puis de temps à autre, au petit matin, qu’on décide de prendre chacun un chemin différent pour la journée. J’ai envie de parfois m’endormir en cuillère sans savoir si tu y seras pour le petit déjeuner.   

J’ai envie que certains week-ends tu ailles prendre un verre avec tes amis, que t’aies la tête dans l’cul le lendemain, puis que tu m’envoies un petit texto illisible juste pour me faire sourire. J’ai envie que tu me parles de tes soirées entre chums, que tu me racontes qu’il y avait quelqu’un au bar qui flirtait avec toi. J’ai envie que tu gardes ton envie de flirter avec les autres. J’ai envie que tu flirtes aussi avec moi comme moi avec toi, juste pour le plaisir, sans qu’on s’inquiète sur la suite des choses. J’ai envie d’être celui avec qui tu aimes regarder la télé jusqu’à ce que tu t’endormes, la tête sur mon épaule. J’ai envie d’être celui que tu appelles lorsque la vie te file un revers.

J’ai envie de m’ennuyer de mon amie, pendant de courtes ou de longues périodes, mais qu’à notre prochaine rencontre, on puisse reprendre nos conversations exactement là où on les avait laissées comme si le temps c’était arrêté. J’ai envie qu’il n’y ait aucun jugement entre toi et moi, qu’on puisse rire des petits malaises spontanés. J’ai envie d’une relation profonde sans jamais s’inquiéter qu’elle se métamorphose en  intimité… ou pas.